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Le numérique pour relancer notre économie

12 Avril 2013 - Publié dans tribune

On ne compte plus les articles, les tribunes, les coups de gueule pour dénoncer une France à la traîne, le retard d’un vieux pays ancré dans ses certitudes, dans ses modèles d’antan. Un pays qui consacre une grande partie de son énergie à tenter de sauver les modèles industriels anciens plutôt que de basculer vers les nouveaux. Il nous faut pourtant trouver les raisons d’espérer, de croire que nous allons rebondir, que la globalisation est une chance parce que nous saurons en tirer parti et profit.

 

Cet espoir c’est l’innovation, c’est le numérique pour relancer notre économie dans la compétition mondiale.

 

Notre pays s’est toujours distingué par la qualité de ses chercheurs parce que notre formation fondamentale est excellente, notamment en mathématiques où depuis vingt ans, 18 médailles Fields ont été attribuées, dont 7 à des mathématiciens travaillant en France. Nous avons néanmoins beaucoup de difficultés à transformer la recherche en produit ou en service. Le système éducatif français n’est pas assez tourné vers l’entreprenariat, il fait la part trop belle à l’académisme et ne donne pas le goût du risque. Il fonctionne en silo et ne rapproche pas les chercheurs des futurs commerciaux. Nous n’avons pas de “computer science” à l’américaine. On ne valorise d’ailleurs pas les filières technologiques comes des filières d’excellences alors qu’elles préparent aux emplois d’aujourd’hui et de demain.

 

McKinsey révèle dans son étude sur « l’Impact d’Internet sur l’Economie Française » qu’Internet est pourtant devenu une composante majeure de l’économie du pays par sa contribution tant au PIB qu’à l’emploi. Elle évalue la contribution directe de la filière numérique au PIB à 60 milliards d’euros (soit 3,2%) en 2009 et si la France prend toutes les mesures nécessaires pour atteindre sa « maturité numérique », la contribution d’Internet pourrait être portée à 160 milliards d’euros d’ici 2015. Les entreprises qui ont le plus utilisé les nouvelles technologies ont d’ailleurs exporté deux fois plus que les autres. Internet a enfin clairement une influence favorable sur le bien être des citoyens : accélération de la recherche d’emplois, démocratisation du savoir, établissement de nouveaux liens sociaux, simplification de la vie quotidienne, etc.

 

La France innove et voit émerger de véritables champions comme Meetic ou Dailymotion, créé avant le Youtube américain, aujourd’hui 30ème site mondial. La France est en pôle position dans le top 10 du  12e palmarès annuel de Deloitte des 500 entreprises du secteur technologique les plus performantes dans les zones Europe, Moyen-Orient et Afrique, pour la troisième année d'affilée, avec 90 sociétés sélectionnées sur les 500 du palmarès. Trois sociétés françaises, trois véritables pépites,  figurent dans le top 10 : Critéo, le site Deezer et Sewan Communications. Les nouveaux acteurs émergent tous les jours et introduisent sur le marché des technologies toujours plus innovantes comme « Milibris », plateforme de presse en ligne,  qui va sans doute permettre à la presse et l’édition d’accélérer leur mutation digitale en collant aux nouveaux usages de leurs consommateurs ou comme « Captain dash », start-up spécialiste du big data appliqué au marketing qui a été créée cette année et devrait dégager d’après les premières estimations au moins 3 millions d’euros de CA en 2013.

 

Si les principaux réseaux sociaux sont américains, les Français sont des champions de la communication et du marketing digital : Havas qui a dégagé l'an dernier un résultat net en hausse de 5%, pour un chiffre d'affaires de 1,77 milliard, a vu ses revenus issus du numérique atteindre 26% de son revenu global. L’indépendant Fullsix, champion du « markting digital synchronisé », est maintenant présent dans 10 pays en plus de la France et affiche tous les ans une croissance à deux chiffres.

 

Les entrepreneurs français ont d’ailleurs de beaux jours devant eux : en effet, les Français ne sont pas en retard en terme d’usages, au contraire ! 86% d’entre eux utilisent Internet tous les jours, il y a 5 millions de tablettes en France, 42% des français sont inscrits sur Facebook. Le nombre d'inscrits sur Twitter a plus que doublé en 2011, le site de micro blogging américain recensait 5,2 millions d’utilisateurs en France début 2012 soit 1,4% du nombre d'utilisateurs dans le monde.

 

Ce dynamisme des nouveaux usages chez les Français n’a d’ailleurs pas échappé à Google, Facebook et Twitter qui ont ouvert des bureaux en France et recrutent sur place des équipes nombreuses. Il faut s’en réjouir : c’est le signe que le marché français compte. Il faut d’ailleurs tout faire pour rendre notre territoire attractif à l’installation de ces entreprises innovantes en France qui sont des accélérateurs de croissance.

 

Les entrepreneurs du numérique l’ont très bien compris et n’ont attendu personne pour donner à la France les moyens de créer des champions. Ils ont créé pas moins de trois écoles des métiers du numérique et des nouvelles technologies en deux ans. L'EEMI fondée par Marc Simoncini, Jacques Antoine Granjon et Xavier Niel, propose une formation inédite aux métiers du net grâce à son partenariat avec trois entreprises leaders du net en Europe. La Web School Factory, créée par Anne Lalou, projet très ambitieux, école d'un genre nouveau ayant vocation à former les futurs talents de l’innovation numérique et de fédérer autour d'elle des partenaires pour créer “le premier campus-cluster de l'innovation numérique en France”. Et enfin “42”, école dans laquelle le patron de Free investit 70 millions d’euros pour former gratuitement 1000 génies de l'Internet par an.

 

Si la France, comme le rappelle le rapport de l’Institut Montaigne «Pour un New Deal Numérique », ne se classe qu’au 8ème rang des pays du G20 pour la contribution du numérique à la croissance, il y a pour autant de nombreuses raisons d’espérer ! Toutes les raisons de croire que le talent français fera émerger ces entreprises nouvelles qui créent les emplois d’aujourd’hui et de demain. Toutes les raisons de penser qu’une prise de conscience collective, y compris de nos dirigeant, nous permettra de renouer avec la croissance.

 

à retrouver sur Le Plus du www.nouvelobs.com

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