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Conférence nationale sur le Logiciel libre : « Think Open Think Tunisia »

27 Mars 2012 - Publié dans Tunisie, opendata, opensource, democratie

Je me suis rendu aujourd'hui en Tunisie pour participer à la 7ème édition de la Conférence nationale sur le Logiciel libre « Think Open Think Tunisia » organisée par le Ministère des Technologies de l’Information et de la Communication à Tunis.

Je me suis entretenu mercredi 28 Mars en tête à tête avec M. Mohamed Abbou, Ministre auprès du Premier ministre chargé de la Réforme de l’administration. Nous avons longuement évoqué les enjeux de « l’Open Governement » et de « l’Open Data ». M. Abbou a rappelé du rôle important de la jeunesse sur Internet ainsi que de l’importance du Web communautaire, des réseaux sociaux dans la Révolution et dans la construction de la démocratie tunisienne. J'ai présenté la politique de transparence et d’ouverture des données publiques que je conduis sous l’autorité du Premier ministre pour la France. J'ai salué « la jeune et belle démocratie tunisienne » qui « a ouvert la voie du Printemps arabe et a prouvé, une fois de plus, que la puissance de la liberté est plus forte que la peur ».

J'ai rencontré, dans l’après midi du 29 mars, des représentants de la société civile, des entrepreneurs et des associations citoyennes pour échanger sur leur rôle dans la transition démocratique, sur la nécessaire transparence du fonctionnement des institutions ainsi que sur le potentiel économique de la réutilisation des données publiques.

Je me suis entretenu, en fin de journée, en tête à tête avec M. Mongi Marzouk, Ministre des Technologies de l’information et de la communication. J'ai souligné que ses échanges très enrichissants avec les tunisiens lors de ce déplacement confirmaient « l’appel légitime en faveur d’une société démocratique et ouverte », tel qu’exprimé par les Chefs d’Etats et de gouvernements du G8 en mai 2011. Pour Mongi Marzouk, l’Open Data et l’Open Government sont deux réponses à l’attente de transparence de la Tunisie nouvelle, qui fut à l’initiative du Printemps arabe et a dorénavant valeur d’exemple.

J'ai enfin été invité à prononcer l’allocution d’ouverture de la Conférence « Think Open Think Tunisia » et à participer à la première table-ronde « Open Governement, Open Data : Internet au service des citoyens », modéré par M. le Professeur Tawfik Jelassi, Doyen des programmes MBA de l’Ecole des Ponts ParisTech, en présence de Mme Mona Zgoulli, Directrice de l’Institut National de la Statistique de Tunisie, de M. Noomene Fehri, Député de l’Assemblée nationale Constituante de Tunisie et de M. Khaled Sellami, Directeur général de l’Unité de l’Administration électronique au Premier ministère de Tunisie.

 

voici le texte de mon intervention :

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Député,

Madame la Directrice,

Mesdames, Messieurs,

 

Je veux remercier Monsieur Mongi Marzouk, votre ministre des technologies de l’information et de la communication, pour son invitation.

 

Ensuite, je veux vous dire que je suis heureux d’être là parce que j’ai un lien particulier et personnel avec les tunisiens puisque vous êtes parmi ceux qui consultent le plus un site que j’ai contribué à créer : Dailymotion. Et je vous en remercie du fond du cœur.

 

C’est avec beaucoup de plaisir que je viens en Tunisie aujourd’hui dans ce pays si cher au cœur des français. Notre amitié est ancienne et profonde. C’est aussi avec beaucoup de respect et d’admiration pour le peuple tunisien qui a su entrainer le monde arabe vers la liberté et la démocratie. Les Tunisiens ont ouvert la voie du Printemps arabe, et vous avez prouvé, une fois de plus, que la puissance de la liberté est plus forte que la peur.

 

C’est impressionnant, c’est même bouleversant de voir le vent de la liberté souffler, pour nous qui sommes parfois ancrés dans nos certitudes. Étourdis par les vapeurs du temps, bercés par le doux ronronnement de l’habitude, fiers de notre vieille démocratie. Nous ne devons pas oublier le prix de la liberté au risque de la négliger, et de ne pas créer les conditions du nécessaire renouvellement de notre démocratie.

 

Internet, ses nouveaux usages, la puissance des réseaux bouleversent nos démocraties et appellent à ce renouvellement. Cette révolution du monde, cette réalité nous a été rappelée par le Printemps arabe. Les réseaux ont donné une résonance inédite à une aspiration profonde des peuples, décrite par les chefs d’Etat et de gouvernement du G8 comme « un appel légitime en faveur d’une société démocratique et ouverte».

 

Pour répondre à ces aspirations, les Etats doivent repenser leurs structures, leurs missions, leur fonctionnement afin de tendre vers une gouvernance adaptée à notre époque : plus ouverte, plus transparente, plus collaborative.

 

 

 

Internet a contribué à renforcer l'exigence de transparence que les citoyens sont en droit d'attendre de la part de leurs gouvernants, il faut assumer cette exigence et il faut y répondre. Et c’est pour cela que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont fait le choix pour la France de rendre accessibles et réutilisables les informations publiques afin de permettre à tous les citoyens d’accéder aux données de base sur notre pays.

 

Personne d’ailleurs n’attendra l’Etat pour accéder à ses données et les réutiliser. Tout simplement parce que la puissance des réseaux démultiplie les efforts. Et permet de recréer des données que l’Etat ne fournit pas encore.

 

Je veux parler, par exemple, d'avoir accès aux postes de dépense du budget général de l'Etat, le détail des crédits, leur répartition par mission, par programme et par action, c'est-à-dire les données complètes sur le fonctionnement de l'Etat ou sur le nombre de ses agents. Ces informations, habituellement publiées en France dans des centaines de documents écrits qui accompagnent la loi de finance sont, désormais, accessibles à partir d'un seul fichier brut dans un format réutilisable sur « data.gouv.fr ».

 

Je veux parler du nom de chaque association subventionnée par l'Etat, du montant exact et de l'objet des subventions qu'elles ont reçues. Je parle encore de l'ensemble des données brutes sur l'investissement du plan de relance entre 2009 et 2010, leur volume, leur distribution géographique qui permettent de réaliser une cartographie des fonds publics investis, de faciliter le suivi des mesures de soutien à l'économie et l'utilisation précise qui en a été faite.

 

De l'ensemble des données sur la qualité environnementale, comme les mesures de quantité de polluants rejetée dans l'air par les installations industrielles dans chaque département. Des résultats de chaque lycée de France et des indicateurs de qualité qui permettent de comparer ces résultats avec la moyenne nationale attendue pour des élèves similaires.

 

Je parle de la localisation précise de chacun des accidents de la route depuis 2005 ayant fait des blessés, et de la mesure de leur gravité. Je parle encore de l'inventaire du patrimoine immobilier de l'Etat, avec l'adresse et la nature de l'ensemble des bâtiments publics et des infrastructures occupées par l'administration. Des montants et de la liste des bénéficiaires de chaque aide individuelle de la Politique Agricole Commune versée par l'Union européenne à une entreprise française.

 

Ou enfin du détail des annexes budgétaires, notamment le nombre de postes et la masse salariale de chaque cabinet ministériel. Des données de la sécurité sociale, les dépenses de santé et les frais d'hospitalisation remboursés par la caisse nationale d'assurance maladie chaque mois et dans chaque région.

 

C’est le choix d’une grande démocratie, car ouvrir l’accès le plus large aux données publiques, c’est contribuer à renforcer la transparence de l’action de l’État. Pour rendre des comptes aux citoyens, pour responsabiliser ses dirigeants. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 énonçait d’ailleurs déjà clairement ce principe : « la Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ».

Une jeune démocratie comme la vôtre doit fonder son action sur la confiance entre les citoyens, leurs élus, leurs gouvernants. Internet permet de créer les conditions de cette confiance. La transparence nourrit et éclaire le débat public, contribue à rapprocher la puissance publique des citoyens, et à mettre en lumière le travail des administrations et de leurs agents.

 

Je crois que le principe de transparence des institutions doit être inscrit au cœur des lois fondamentales des pays démocratiques.  Je pense que le Parlement qui tient sa légitimité du peuple souverain doit aussi rendre des comptes sur son fonctionnement et sur le travail des parlementaires.

 

En publiant notamment tous les votes des parlementaires, en créant une plateforme en ligne ouverte à tous permettant de suivre en temps réel l’élaboration des lois, en publiant sur Internet la liste des événements organisés dans l’enceinte du Parlement par des organismes professionnels ou par des tiers.

 

Au-delà de la nécessaire transparence, de « l’Open Data», Internet permet d’améliorer le fonctionnement des institutions et la qualité du service public, de contribuer à l’élaboration des politiques publiques, voire de proposer des solutions innovantes aux sujets de société.

 

Il faut donner la parole aux citoyens et repenser leur relation avec l’Etat. Les citoyens du XXIème siècle réclament cet échange et Internet le rend possible. Les plateformes collaboratives, les réseaux sociaux, permettent la participation de tous et créent une démocratie directe au soutien de la démocratie représentative.

 

Sans cela, sans remettre les citoyens au centre du débat démocratique, au cœur de la République, comment la nouvelle génération, celle qui n'a pas creusé la dette mais qui va la supporter, ceux qui travaillent pour payer les retraites de leurs aînés, comment cette génération pourrait-elle accepter tous les efforts que nous lui demandons ?

 

Renouveler la confiance de nos concitoyens par une transparence renforcée de l’action de l’Etat n’est pas qu’une question démocratique, aussi essentielle soit-elle. Les gains de la transparence sont aussi économiques. C’est en favorisant l’accès libre et gratuit aux informations dont dispose l’Etat, en garantissant un large accès aux données économiques, sociales et environnementales, que l’on conforte la confiance des entrepreneurs et des investisseurs dans les institutions publiques.

 

La confiance dans les institutions, dans l’équilibre des finances publiques, dans la qualité de l’environnement: voilà les facteurs clés du développement des économies. Les nouveaux usages issus de la réutilisation des données peuvent aussi soutenir les grands axes stratégiques du développement de l’économie. La croissance des TPE et PME innovantes, et le développement d’un tissu d’Entreprises de Taille Intermédiaire, peuvent particulièrement bénéficier de cette ouverture.

 

 

 

L’effort de transparence, si vous me le permettez, ne doit pas concerner exclusivement la sphère publique. L’accès aux données des entreprises est un élément de la démocratie économique. Un client fait plus librement confiance à une entreprise s’il connaît ses résultats, ses créanciers et ses fournisseurs, la qualité de ses produits ou l’impact environnemental de ses opérations.

 

La transparence publique et privée facilite la prise de risque des entrepreneurs et les encourage à créer de nouveaux modèles économiques qui soutiendront à terme la croissance. L’ouverture la plus large possible des données publiques est donc un enjeu de compétitivité pour les entreprises. Elle ouvre le champ des possibles sans autre limite que la créativité du génie humain.

 

Le potentiel créatif de la réutilisation des données publiques repose sur les citoyens, les entrepreneurs, les blogueurs, les journalistes, les contributeurs Open Source. Inventer une seconde vie aux données publiques permet de faire émerger de nouveaux usages, de nouveaux services innovants, de nouvelles applications à forte valeur ajoutée et utiles à tous les citoyens.

 

Il y a trois conditions essentielles pour cela : les administrations doivent produire des données brutes, de type numérique et structuré, mises à disposition dans des formats ouverts, facilement réutilisables et lisibles par des machines.  L’Etat doit garantir la sécurité juridique nécessaire aux entrepreneurs et aux administrations afin d’encourager l’innovation. Ouvrir les données de l’Etat est un service public qui ne peut trouver son sens que dans une relation d’échange et de partage avec la communauté des développeurs et des entrepreneurs.

 

C’est grâce à Open Street Map qui agrégeait les données du Département de la Défense américain, de la Mission de l’ONU et qui faisait appel au « crowdsourcing », que l’on a reconstitué une carte extrêmement précise de Haïti, quelques jours après le séisme de janvier 2010, qui a permis aux organisations non gouvernementales et à tous ceux qui étaient sur place de secourir les populations.

 

Dans de telles circonstances, l’Open Data et ses applications contribuent à sauver des vies. L’ouverture des données publiques est un impératif démocratique qui crée un cercle vertueux économique. Son modèle ne peut donc être que la gratuité.

 

Il faut garantir la gratuité de la réutilisation des données car c’est bien la réutilisation qui donne leur valeur aux données – ce qui importe, ce n’est pas ce qu’elles sont, mais ce qu’on peut en faire ou surtout ce que les citoyens en feront. Les vrais bénéfices de l’Open Data seront structurels et systémiques. La réussite de l'ouverture des données se mesurera aux bienfaits que la société toute entière peut retirer de ces nouveaux services.

 

Pour qu’ils puissent se développer, les Etats doivent s’assurer que les données, ressources essentielles au bon fonctionnement de l’économie numérique, ne soient accaparées, ni par le secteur privé, qui créerait les conditions de l’exclusivité de fait, ni par le secteur public, qui ouvrirait ses données dans des conditions discriminatoires ou monopolistiques.

 

Ce modèle serait à l’évidence injuste et inefficace pour la société : la science économique nous montre que pour maximiser le bien-être social, les prix doivent s’ajuster aux coûts marginaux, c'est-à-dire la gratuité dans le cas d’une information, qui est un bien public, immatériel, reproductible sans coût à l’infini.

 

Non seulement le principe d’une réutilisation gratuite est plus efficace d’un point de vue économique mais il est plus juste d’un point de vue social. Tout autre modèle que la gratuité de réutilisation serait par ailleurs franchement incompréhensible si l’on considère que la production des données publiques est financée par le contribuable.

 

L’accès à l’information, Mesdames et Messieurs, ne saurait être considéré comme un privilège, apanage d’une élite d’experts qui seuls sauraient la manier, la comprendre, pour le bien de tous.

 

L’accès à l’information c’est l’égalité des chances. L'Open Data contribuera à créer un cercle vertueux où les choix de tous se fondent non plus sur des positions idéologiques ou sur des a priori, mais sur des analyses informées et alimentées de chiffres objectifs.

 

La confiance est le ciment de la démocratie. La confiance c'est le rempart contre le populisme et tous les extrêmes. L'information doit être partagée pour contribuer à l'Internet du savoir pour une démocratie éclairée.

 

L’innovation est au cœur des nouveaux modes de gouvernance dont l’open data est un puissant levier. L’innovation est au cœur de vos travaux.  L’innovation est le moteur de la croissance. Et si vous me le permettez, je voudrais en dire un mot.

 

Le logiciel libre, thème principal de cette journée, est un phénomène majeur de l’économie de la connaissance. Le logiciel libre est d’abord l’expression d’un idéal, un idéal de liberté : la liberté d’expérimenter, la liberté d’échanger, la liberté d’améliorer. Il faut reconnaître et saluer ce formidable élan de liberté et d’énergie créatrice.

 

Le logiciel libre concrétise les nouveaux modes de gouvernance des biens communs théorisés par Elinor Ostrom. « La communauté du libre », la première, a illustré la puissance des réseaux au service de l’innovation. Pouvoir réutiliser librement le travail des autres, c’est avancer plus vite et plus loin dans l’innovation, « debout sur les épaules des géants » comme le disait Newton.

L’innovation ne serait pas possible aujourd’hui sans la contribution du « libre », au centre des outils de développement, des langages, et des systèmes d’exploitation. Google ne serait pas Google sans Linux et le langage Python. Facebook ne serait pas Facebook sans les scripts PHP.

 

 

Mais je veux vous dire que les modèles du libre et du propriétaire ne sont pas incompatibles, bien au contraire, ils doivent coexister. Un débat stérile a trop souvent opposé le logiciel libre à la notion de propriété intellectuelle. Mais la protection d’un capital intellectuel ne s’oppose en aucun cas au développement du logiciel libre.

 

L’Open Source est un lever formidable en faveur de l’innovation. Il a favorisé l’émergence de nouveaux outils extrêmement efficaces pour les développeurs. Il a fait d'Internet un marché hyper-compétitif, en participant à l’effondrement des barrières à l’entrée. Là où il y a 15 ans un million de dollars suffisait à peine à créer un service Web, quelques heures et quelques euros suffisent désormais pour créer un service différent et toucher potentiellement des centaines de millions d’internautes.

 

Je parle bien ici d’économie, d’innovation, de croissance, pas d’idéologies : si Mark Shuttleworth n’avait pas connu un tel succès en affaires, aurait-il pu financer le développement d’Ubuntu ? Les deux modèles doivent donc cohabiter pour nourrir le développement de l’économie numérique, soutenir l’innovation, et la croissance de nos économies.

 

Pendant la période de croissance extensive et de révolution démographique qui s'achève, les économies ont bâti leurs marchés, ont construit leurs infrastructures, tracé leurs routes, leurs canaux, leurs chemins de fer, leur approvisionnement énergétique et leurs réseaux de communication.

 

Plus de croissance économique, c’est plus de marchés, plus de revenus, plus d’investissements pour le commerce et l’industrie. Plus de croissance c’est plus de richesses pour la société : plus de moyens pour les écoles, les hôpitaux, la recherche et les inventeurs des technologies de demain.

 

L’innovation est le nouveau moteur de la croissance. C’est l’innovation technologique qui ouvre les portes de nouveaux marchés. C’est l’innovation de procédé qui rend plus efficace notre appareil productif. C’est l’innovation d’usage qui aide nos entreprises à détruire les vieux modèles pour mieux créer la valeur de demain.

 

L’entrepreunariat est la source de l’innovation. C’est la capacité à inventer les nouveaux modèles, à imaginer les nouvelles offres de services, à concevoir les nouvelles lignes de produits qui permet aujourd’hui à une économie de développer ses entreprises, d’affronter la compétition mondiale, de créer de l’emploi. En réinventant continuellement ses modèles économiques. En transgressant, en bousculant les habitudes, en replaçant l’initiative et la liberté d’entreprendre au cœur de l’économie car, comme le dit François Fillon,        « nous croyons que l'innovation, la culture, l'esprit d'entreprendre continuent de pousser l'humanité en l'avant. »

 

Les meilleurs projets, ceux qui transforment le plus profondément la société, sont souvent les plus risqués. Qui aurait pu parier que Steve Jobs, que Larry Page, que Mark Zuckerberg, sans ressources et littéralement exclus de leurs universités, puissent un jour, sur la simple force d’une idée, regrouper les énergies, lever des capitaux, amener au monde des produits et des services si novateurs qu’ils en ont modifié le destin et la structure même.

 

Le risque doit avoir une contrepartie. Sans retour, pas de risque, pas d’engagement, pas d’investissement. C’est d’abord pour faire commerce que les navigateurs de la Carthage antique ont balisé l’arc méditerranéen, que les explorateurs du 15ème siècle ont bravé les océans, que les industriels du 19ème siècle ont bâti les grands réseaux, que les entrepreneurs du 21ème siècle inventent l’infrastructure numérique de demain.

 

Le capital de la société de l’information, c’est la propriété intellectuelle. Sans elle il n’y a pas d’innovation. Sans elle il n’y a pas de croissance. C’est bien parce qu’une entreprise se sait préservée de la contrefaçon qu’elle peut engager les investissements qui la feront grandir. C’est parce qu’un entrepreneur sait son invention protégée par un brevet qu’il peut s'engager et lever des fonds. C’est pour cela que la propriété intellectuelle est un enjeu crucial pour l’économie de la connaissance. C’est pour cela qu’il faut la protéger et affirmer sans équivoque son importance.

 

La propriété est une valeur fondamentale. La propriété intellectuelle doit être au service de l’innovation, pas au service de la rente. La propriété intellectuelle ne doit pas être un prétexte pour ne pas changer de modèle, pour ne pas expérimenter, pour ne pas innover.  Les industries doivent faire la révolution appelée par la nouvelle société de l’information.

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, dans la période difficile que nous traversons, les entrepreneurs sont au centre de tous les défis les plus décisifs que nous avons à relever. Ils ne sont pas des privilégiés, ce sont des passionnés, vous êtes des passionnés, des combattants, ils prennent tous les jours des risques pour inventer, pour créer.

 

La prospérité de nos pays est largement entre leurs mains. L’innovation est notre avenir commun, il est à notre portée, l’innovation assurera le bien-être et la prospérité par nos économies, en renforçant la cohésion sociale, en rénovant nos démocraties.

 

Je vous remercie.

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